Champigny-sur-Marne, jeudi 17 août 2006 à 10:54 | Logement | #97 | rss
Le plus grand squat de France, qui abritait près de mille personnes en banlieue parisienne dans une ancienne résidence étudiante de Cachan (Val-de-Marne), a été évacué par les forces de l'ordre.
La préfecture du département a invoqué une décision de justice de 2004 et des risques d'incendie liés à des branchements électriques sauvages pour procéder à cette opération, qui met un terme à quatre ans d'occupation des lieux.
"Il a été décidé de procéder en urgence à l'évacuation de cette ancienne résidence universitaire de plus de 300 chambres occupée depuis 2001", précise-t-elle dans un communiqué.
Près de 350 chambres d'hôtel ont été réquisitionnées dans quatre départements d'Ile-de-France pour reloger en urgence environ 800 personnes.
Les occupants en situation régulière en France seront relogés ultérieurement dans le parc social. Mais les clandestins "ont vocation, en vertu de la loi, à être reconduits dans leur pays d'origine", précise la préfecture.
Le nombre des occupants a varié de quelques centaines de personnes à plus de mille, selon les années.
Des opérations d'évacuation progressive de l'ex-résidence de l'Ecole normale supérieure ont été menées au fil des ans sur la base de négociations, qui ont été rompues début 2006.
Les occupants avaient organisé au début du mois une "nuit de solidarité", au son du zouk et de rythmes africains, pour réclamer le "relogement de tous" et la régularisation des sans-papiers figurant parmi eux.
Les "1.000 et leurs soutiens" ont également mené plusieurs marches pour exiger des solutions "dignes et décentes" et organisé des "tours de veille" pour tenter de déjouer l'évacuation qu'ils savaient inéluctable.
Une décision du tribunal administratif de Melun (Seine-et-marne) leur enjoint de quitter les lieux depuis le 16 avril 2004.
Cette évacuation vise à mettre fin à plus de quatre ans de discussions et de guérilla judiciaire autour d'un dossier épineux pour le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy.
En août 2004, une cellule de relogement a été mise en place pour étudier la situation des occupants au cas par cas. Cette démarche à l'amiable s'est toutefois heurtée au fait que de nombreux squatters étaient en situation irrégulière.






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