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Le préfet du Val-de-Marne tente une "ultime" sortie de crise

Le préfet du Val-de-Marne Bernard Tomasini a proposé mardi aux ex-squatteurs installés dans un gymnase à Cachan des hébergements "sans date butoir" dans trois hôtels situés dans l'Essonne et en Seine-et-Marne, ou un hébergement collectif provisoire jusqu'au 17 septembre.

Les occupants du gymnase ont accueilli ces propositions avec méfiance, rappelant qu'ils ne voulaient pas "être dispersés", et rejetant toute date butoir. Une "marche de solidarité" avec les expulsés est prévue mercredi soir à l'appel d'une trentaine d'associations, de syndicats et de partis politiques de gauche, de la mairie de Cachan jusqu'à la sous-préfecture du Val-de-Marne à l'HaLes-Roses. Mardi matin, les occupants du gymnase ont reçu la visite et le soutien de Jack Lang. Lors d'une conférence de presse mardi à la mi-journée, Bernard Tomasini a précisé qu'il s'agissait de son "ultime proposition" d'hébergement, appelant "chacun" à "prendre ses responsabilités".

Quant aux sans-papiers présents parmi les 508 personnes évacuées par la police de l'ancienne cité universitaire de Cachan, le préfet a expliqué que ceux qui se trouvent "en flagrante irrégularité ont vocation à quitter le territoire", mais que les "cas particuliers", notamment les personnes pouvant prétendre à une procédure de regroupement familial, verraient leur situation réexaminée.

"On va étudier l'offre d'hébergement, mais nous ce qu'on veut, c'est ne pas être séparés et ne pas avoir de date butoir. Que se passera-t-il après le 17 septembre? Et les personnes sans-papiers, la police ira-t-elle les chercher dans les chambres?", a déclaré à l'Associated Press l'un des porte-parole des expulsés, Fidèle Nitiema.

Il a par ailleurs rappelé que les expulsés réclamaient une solution de relogement "pérenne" et la régularisation des sans-papiers. De son côté, le préfet a expliqué que les trois hôtels proposés pouvaient accueillir chacun 60 personnes. Un autre hôtel pouvant accueillir 150 personnes d'un coup est également disponible "mais avec, dans ce cas, une date butoir fixée au 17 septembre, l'hôtelier concerné ayant fait d'autres projets". Revenant sur l'évacuation du squat jeudi dernier, le préfet du Val-de-Marne a expliqué que 508 personnes avaient été évacuées de l'ancienne cité universitaire, rejointes par 40 autres qui étaient absentes des lieux à ce moment-là, "soit un total de 548 personnes, enfants compris". Selon Bernard Tomasini, la majorité des personnes expulsées ont accepté les propositions d'hébergement provisoire faites dès le jeudi et "120 personnes, dont 30 enfants", ont finalement décidé de s'installer dans un gymnase mis à disposition par la mairie socialiste de Cachan.

Ces 120 personnes avaient refusé de se disperser après l'évacuation de la cité universitaire et avaient installé un campement de fortune devant le bâtiment, avant de se faire expulser de manière musclée par le forces de l'ordre vendredi en début de soirée. M. Tomasini a assuré qu'aucun "recensement" précis de sans-papiers n'avait été effectué au cours de l'intervention policière mais que quelques contrôles d'identité avaient permis d'identifier "42 personnes en situation irrégulière, qui font actuellement l'objet de procédure d'éloignement". Toutefois, selon le préfet, aucune reconduite à la frontière n'a encore été effectuée. Même si les familles refusent les dernières propositions de la préfecture, Bernard Tomasini affirme qu'une évacuation du gymnase par la force est "exclue. Ce serait illégal puisqu'il s'agit d'une propriété privé", a-t-il dit.

Pour sa part, le maire de Cachan Jean-Yves le Bouillonnec refuse tout simplement "d'envisager" un recours aux forces de l'ordre.

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